Regard sur les JO – découverte d’un nouveau pays : le Transhumanisme

Le corps exalté, déifié, martyrisé, sacrifié sur l’autel de la performance. Le corps censément être selon la représentation platonicienne et judéo chrétienne le temple de l’âme, se substitue à cette dernière pour atteindre l’inatteignable, vaincre la pesanteur, devenir ange, devenir Dieu. Selon l’IRMS (Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport), les limites physiologiques de l’espèce humaine seraient atteintes d’ici à une génération. Après l’étude de 3263 records établis entre 1896 et 2007, l’IRMS estime que nous avons atteint une optimisation maximale du génome. Les techniques de dopage deviennent de plus en plus sophistiquées. Les stéroïdes anabolisants, l’EPO, les hormones de croissance, l’auto transfusion feront bientôt partie de la préhistoire avec la progression fulgurante de la thérapie génique et des nanotechnologies. Les apprentis sorciers ont fait le pari de l’immortalité d’ici 2050. J.Didier Vincent éminent neurobiologiste dans son livre « Chronique d’un voyage en Trans humanie » raconte sa rencontre avec les auteurs d’un rapport rendu public en juin 2002 sur un projet de convergence des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatiques et sciences cognitives). Ce rapport ouvre des perspectives inouïes et inquiétantes d’un concept du corps en pièces détachées relayé dans ses fonctions vitales par des technologies toujours plus performantes, qui à terme devrait le supprimer purement et simplement dans sa réalité physique et dans le fonctionnement qui l’anime. Autrement dit nous revenons inéluctablement à la séparabilité de l’âme et du corps. Et si l’âme décidait de poursuivre sa course seule au sein d’une cosmogonie sans cesse renouvelée ? En quête du mystère de l’humain venu sur terre avec ses limites certes, mais aussi ses immenses possibilités spirituelles pour donner du sens à sa vie